Forum des Filles de la Lune (Jiva)


 
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 Naissance

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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Naissance   Ven 14 Aoû - 18:01

Il n'en revenait toujours pas. Ca faisait des semaines qu'il avait réussi à vaincre son mal au terme de son ultime voyage. Quel que soit le prix que celà lui avait coûté, il avait laissé pour de bon le fardeau qui avait toujours barré ses épaules au bord de la route. Plus jamais il n'aurait à endurer cette souffrance tant morale que physique, plus jamais il n'aurait à lutter contre lui-même, plus jamais il n'aurait à pleurer sa folie, à soutenir le regard plein de reproches de ses proches.

Plus jamais il n'aurait à faire tout ça car plus jamais il ne serait autre chose qu'un chacha comme tous les autres, un chacha qu'il avait crevé de devenir pendant 25 années interminables, à tel point qu'il avait fini depuis bien longtemps par céder à l'idée que ce ne serait jamais possible, qu'il resterait ad vitam eternam une horreur sans nom. Que jamais il ne pourrait ressentir ce que c'est que de vivre et de le faire pour de bon.

L'eau du port lui renvoyait le visage qu'il aurait toujours du avoir s'il avait été normal, un visage de son âge, pas le visage de vieillard qui lui avait collé à la peau pendant si longtemps, il se découvrait un air déterminé, débarassé de ces horribles cernes.

Tout son corps lui paraissait comme neuf, et plus important, il lui paraissait normal. D'un normalité incroyablement réjouissante. Cette affreuse blessure perpétuelle qui avait refusé de se refermer pendant des années avait laissé place à trois longues cicatrices que leur finesse rendait presque imperceptibles à l'oeil nu le long de son torse.

Il se sentait bien, mais il savait que les premiers temps seraient difficiles, certes il n'aurait plus à subir un corps de vieillard à l'agonie, mais il n'avait plus cette force surhumaine, maléfique, sale, pour le soutenir. Il devrait réapprendre à utiliser chacun de ses muscles, mais le jeu en valait la chandelle.

Les embruns gonflaient ses narines, et pour la première fois de sa vie il sentait réellement l'odeur de ce lieu qu'il avait si longuement fréquenté. Il ne se contentait plus de la ressentir, de la deviner, il la sentait réellement et c'était la toute première d'une longue série de nouvelles expériences pour lui.

Peu de personnes avaient remarqué son retour et c'était mieux ainsi, il pourrait prendre le temps doucement d'apprendre à vivre, plus rien ne pressait désormais.

Il voulait prendre son temps, lui qui avait passé sa vie à courir contre son gré, courir pour échapper à son passé, courir pour échapper à son avenir.

Bien sûr, jamais il ne pourrait oublier ces années, jamais non plus il ne pourrait faire oublier aux autres quelles horreurs il avait pu comettre, mais il avait désormais tout en sa possession pour se racheter, plus rien n'était insurmontable.

Pour la première fois dans son existence il se sentait en mesure d'être ce dont il avait toujours rêvé, un type bien.

[HRP: Comme bien souvent, je passe juste donner des nouvelles de mon éca, ce post n'appelle pas vraiment à une réponse, à moins qu'un arpenteur chronique du port veuille y participer, ce qui se ferait avec plaisir ^^]
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Sam 15 Aoû - 2:09

Jiyaa, comme d'habitude, glandait tranquillement au port quand soudain un éclair attira son regard.

Mais... Mais.. V'la ty pas que ce s'rait du orange vomi !

La sacrieuse courut jusqu'à la forme tapie dans un coin.

SAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM te revoilà ! Viens faire un walin ! Ca me manquait de manger des pwals !

Tu sais que le gros a lachement divorcé ? Ksss, fallait pas s'attendre à mieux de sa part... Dis donc, t'as les griffes qui ont poussées toi ! Et puis tu sais que Zog elle fait rien qu'à m'embêter et...

Et ainsi de suite, Jiyaa rappela les bonnes vieilles habitudes du port au chat de retour.
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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: Naissance   Sam 15 Aoû - 18:24

Une tornade verte, c'est ce qui venait de lui tomber dessus. Avant même qu'il ait eu le temps de comprendre il s'était retrouvé avec une Jiyaa en pleine forme assise contre lui, les bras passés autour de lui, et un flot continu de paroles rebondissait sur ses oreilles.

Pour le moment son esprit était ailleurs, une découverte avait pris le pas sur les nouvelles du pays.

Quel avait été le déclencheur? Le contact de la peau nue de son dos? Le crissement de la fourrure de sa propre joue contre sa joue à elle?

Il s'était imaginé qu'il pourrait prendre son temps, apprendre à utiliser ses sens petit à petit, maintenant qu'il était débarrassé de ce fardeau qui l'avait contraint à ne ressentir que sa propre douleur pendant toutes ces années, à ne disposer que de bribes de sa conscience pour analyser le monde extérieur.

Aujourd'hui il n'était plus entravé par quoi que ce soit, et le choc sensoriel était intense.

Le bout de ses doigts se promenait le long du dos de la sacrieuse aux faux airs de sadidette, le contact en était incroyablement lisse, doux, par rapport à son monde d'il y avait encore quelques semaines à peine, c'était quasiment surnaturel. Ses doigts glissèrent en pente douce des muscles délicats jusqu'au creux de la colonne vertébrale, il avait fait ce geste des milliers de fois, sur d'innombrables corps de femme, c'était un geste quotidien, machinal, innocent. Jamais il n'avait imaginé que la chute soit si vertigineuse, et là il ressentait ses doigts s'avancer micron par micron pour plonger jusqu'à la colonne.

Et il y avait ces bruits, le froissement imperceptible de ses cheveux à elle sous les doigts de son autre main, le grésillement de sa fourrure contre son corps à elle, l'empreinte de son corps sur son torse d'écaflip, la douce chaleur du corps de la sacrieuse qui irradiait jusqu'à l'intérieur de lui, son souffle chaud sur son cou tandis qu'elle débitait sans pause sa rengaine, la sensation de la fourrure ondulant sous ce courant d'air, chaque mot imprimant un mouvement différent dans son pelage.

Un éclair de lucidité mâtiné d'une pointe de curiosité lui fît sortir les griffes. Et si tout était encore plus compliqué? Encore plus détaillé?

La pointe de ses griffes se déplaçait désormais lentement le long de son dos, l'effleurant à peine et la réponse sauta directement de ses doigts à son cerveau.

L'apparente douceur avait laissé la place à une imperceptible rugosité maintenant que c'étaient ses griffes qui étaient parties en exploration, la surface si lisse, si douce, était en fait formée par une agglomération de minuscules creux et crêtes, tellement minuscules que seule la pointe aiguisée de ses griffes pouvait les sonder.

Combien de détails avait-il manqués pendant ces années? A quel point son mal l'avait rendu renfermé sur lui-même, égoïste? Il aurait tout le temps de s'en rendre compte plus tard, pour le moment il savourait avec gourmandise les merveilles que lui offrait ce simple contact, ce câlin totalement innocent.

Inconsciemment il sourit, puis resserra son étreinte en enfouissant son museau dans le cou de la sacrieuse, toujours coupé du monde extérieur, trop absorbé pour se rendre compte que ce n'était peut-être ni le bon lieu, ni le bon moment.

Et à cet instant précis quelque chose se changea, il n'entendait plus le débit saccadé qui l'avait bercé, il ne ressentait plus le va et vient des mots sur sa fourrure, elle ne parlait plus.

Elle attendait une réponse? Elle avait posé une question?


-"hmm?"
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Sam 15 Aoû - 19:03

.... Oh et puis Lili, tu n'as pas vu Lili toi ? Pas moyen de mettre la main dessus, abandonnée par ma propre marraine...

La sacrieuse pouffait entre deux paroles, ce diable de chat s'amusant à la chatouiller de ses griffes.

Et toi où étais tu d'abord ? On part comme ça, sans rien dire... En tout cas à moi ! Ok je suis partie un moment aussi mais quand même... C'est drôle qu'on réapparaisse en même temps ! Mais dis, tu étais ou, hein ?

La sacrieuse attendit un instant, surprise de l'étreinte raffermie de Sam. Elle lui pinça doucement les oreilles, histoire de vérifier s'il n'était pas endormi, mais au même moment un "humm ?" lui fit enfin écho.

Hé ben, en grande forme on dirait ! Bon c'est pas grave, on a du temps pour parler...

Se redressant, elle mit fin aux caresses et recula de quelques pas, souriante. Elle le considéra un instant, faisant une inspection en règle. Son regard s'attarda sur les muscles secs du tombeur félin, étonnée de le voir si semblable à l'habitude, et pourtant étrangement différent. Son comportement, peut-être... Il semblait plus... chaton. Plus joueur, plus léger, plus jeune, plus... innocent. Enfin, pour lui, cela revenait à dire qu'un crocodile se repentait parce qu'il pleurait.

Les poings sur les hanches, décidée à secouer son vieil ami, elle reprit la parole.


Bon, je te propose d'aller tabasser quelques roissingues ensemble... C'est bien ça non ! Et puis euh je suis en manque de lingerie... Je suis sure que tu adoreras choisir avec moi les plus belles culottes ! rajouta-t-elle avec une grimace taquine.
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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: Naissance   Lun 17 Aoû - 11:07

Quelques nuits plus tard...

La brise fraiche de la nuit s'engouffrait insolemment entre les poils de son dos, jouant avec eux, les caressant. Il en ressentait un frisson intermittent, presque sensuel.

Ce qu'il s'apprètait à faire le ferait passer à coup sûr pour un cinglé, les gens normaux ne faisaient pas ça, jamais. Mais après tout, avait-il déjà eu la chance d'être normal? C'était en passe de se faire, oui, mais ça attendrait qu'il rattrappe le temps perdu, qu'il évacue cette envie de croquer dans la vie à pleines dents encore et encore, il y avait tant de choses à rattrapper, tant à vivre.

Il était accroupi sur le rebord de la fenêtre entrouverte et à quelques pas de lui, dans le lit caractéristique des chambres de ce batiment qu'il ne connaissait que trop bien, il la voyait, étendue sur le ventre, son dos lisse exposé à la bise nocturne jusqu'au drap dans lequel se perdait la cambrure de ses reins, laissant deviner le haut de ses fesses.

Il repoussa doucement le pan de la fenêtre puis se glissa dans la pièce sans un bruit et examina la belle de plus près. Ce n'était pas la chevelure d'une sacrieuse qui gisait sur l'oreiller, mais bel et bien l'épaisse tignasse d'une sadidette. C'était encore plus flagrant dans cette position. Son corps, bien que racé comme celui d'une sacrieuse, n'était que gracieuses courbes se succèdant avec une incroyable douceur, s'enchainant tellement parfaitement qu'une se noyait dans la suivante. Il y avait bien quelque chose d'étrange en elle, ce n'était ni une sacrieuse ni une sadidette, ou plutôt elle semblait être les deux à la fois.

Il s'accroupit, le visage au niveau du matelas, le teint était étrange, lui aussi. Il y a avait comme quelque chose de végétal en elle, comme une plante sauvage qui ne s'épanouissait que lorsque le soleil caressait sa peau.

Il se retrouvait en elle, elle non plus n'était pas comme les autres, mais sa différence à elle en faisait une merveille de la nature, alors que ses différences à lui en avaient juste fait... Quelqu'un de différent, et encore ça c'était dans les meilleurs moments.

Pensif, il s'interrogeait sur ce qu'il était venu faire, il pouvait faire demi-tour maintenant et que tout ceci n'ait aucune suite, ou il pouvait persister et là il passerait à coup sûr pour un cinglé.

De toute façon, le pays tout entier le regardait déjà avec un air bizarre, il avait toujours été à part, et il s'en était toujours amusé. Elle elle ne le traitait pas comme un animal étrange, continuer c'était prendre le risque de changer ça.

Et alors? Le risque n'avait jamais été un motif valable de renoncement chez lui. Il saisit délicatement les doigts d'une des mains de la belle et là une vision fugace traversa son esprit, et s'il la réveillait? Il crevait d'envie de plaquer ses lèvres sur les siennes et de l'entrainer dans une étreinte nocturne et charnelle. Après tout il lui plaisait, ça crevait les yeux et elle avait semblé à plusieurs reprises attendre qu'il se jette à l'eau. Mais il ne se sentait toujours pas prêt, il appréhendait bètement l'effet que ça aurait sur lui, lui qui avait déjà eu l'impression d'exploser émotionnellement à cause d'une simple étreinte amicale. Et puis il fallait bien admettre qu'il était venu avec d'autres projets en tête.

Une fois les doigts soigneusement dépliés, il y déposa la tige d'une rose qu'il avait apportée, une rose qu'il était allé cueillir à la nuit tombée dans les champs des montagnes Koalak, il avait pris celle qui la définissait le plus, délicate, belle, délicieusement galbée, mais aux épines tranchantes, car on n'approche pas tant de beauté sans prendre le risque de s'amocher, ne serait-ce que de s'écorcher le coeur.

Il prit le temps d'admirer la scène encore un peu, se nourrissant de chaque détail, puis il repartit comme il était venu, tirant vers l'extérieur les pans de la fenêtre avant de se laisser glisser le long du mur, ses pieds embrassant les lattes de bois des pontons sufokiens sans laisser échapper le moindre bruit.

Il s'éloigna un peu puis s'accroupit là où il pouvait la voir le mieux possible, leur mère à toutes, la lune, cette nuit il ne trouverait pas le sommeil, mais il aurait des tas de souvenirs à éplucher.

D'où il était il pouvait apercevoir une autre maison dans laquelle il avait laissé des tas de souvenirs, une maison qui était désespérement vide depuis son retour. C'est le premier endroit où il était allé en revenant dans le pays, il y avait trouvé son odeur à elle et rien d'autre, elle était partie elle aussi, sans doute en avait-elle eu marre d'attendre en vain.

Combien d'autres avaient disparu dans son sillon? Il avait l'impression qu'on lui avait arraché tous ceux qui lui étaient chers, et sans qu'il s'en rende compte une larme glissa le long de sa joue, suivant une vieille cicatrice perdue au milieu de son épaisse fourrure. Une cicatrice qu'il s'était faite lui-même et qui témoignait que, même dans sa folie, des lambeaux d'humanité subsistaient dans son esprit gangréné. Il avait tant de choses à se faire pardonner, mais tous les êtres qu'il aimait étaient désormais partis. Et jamais il ne pourrait faire sa pénitence, il ne lui restait que sa fille ainée et quelques uns de ses amis. C'était l'occasion de se reconstruire, de batir une nouvelle vie.

Il avait sorti une vieille pièce de sa poche lorsqu'il était arrivé sur le ponton, une pièce dont les bords et les faces étaient usés au point de la rendre presque lisse, il l'avait faite passer de doigt en doigt comme il l'avait fait instinctivement depuis le début chaque fois qu'il avait besoin de se rassurer, mais il n'était plus le même, et s'il voulait devenir un homme nouveau il devait s'en donner les moyens. Il cessa net son mouvement et referma brusquement son poing sur la pièce. Puis, après quelques secondes d'hésitation, il la jeta de toutes ses forces aussi loin qu'il le pouvait. Il y eût le léger bruit d'une eclaboussure assourdie, puis plus rien.

Et en quelque sorte, c'était l'ombre de ce qu'il avait été qui se faisait engloutir par les flots de Sufokia à quelques mètres de là.


[HRP : Oui je m'emmerde au taf, et alors? :3]
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Lun 17 Aoû - 16:37

HRP on: C'est bien, je suis rouillée, faut que je me réveille !

Jiyaa aperçut l’ombre après laquelle elle courait depuis si longtemps, qui slalommait entre les arbres, proche, désirable, et pourtant si insaisissable. Désespérée, les poumons en feu, la sacrieuse accéléra encore sa course. Elle ne pouvait pas la perdre, pas maintenant, pas maintenant qu’elle était si près du but. Soudain, elle stoppa net. Elle venait de déboucher dans une clairière, délicatement éclairée par le clair de Lune. Chaque arbre, chaque branche, chaque feuille demeurait en suspens dans cette lumière argentée, qui semblait tout conserver de son seul éclat. Son cœur s’emballa. Elle venait de reconnaître le vieux saule qui l’avait hébergée tant de fois, mais qu’elle avait appris à délaisser. Trop de larmes versées ici, la terre en était imbibée. L’ombre n’était visible nulle part. La panique commença à l’envahir, mais fut chassée lorsqu’elle la vit enfin, près du coude de la rivière. Sans l’ombre d’une hésitation elle se précipita, aveuglée par le désir fou d’enfin le retrouver. D’enfin le serrer contre elle, à nouveau, après tant d’années. Avant d’avoir parcouru la moitié du chemin, un bruit horrible la fit ralentir. Non, ne pas écouter, continuer, avancer, elle ne devait pas en tenir compte. Elle avait déjà trop perdu. Mais plus elle se rapprochait de l’ombre, plus elle se rapprochait de lui, plus le cri s’intensifiait. La sacrieuse s’effondra en larmes avant d’avoir atteint son but, les mains sur les oreilles, et laissa échapper un long cri d’angoisse, à peine articulé « Arrête, arrête, arrête je t’en prie, je ne pouvais rien faire ! »

Jiyaa s’éveilla brusquement, trempée de sueur, la nausée au bord des lèvres. Les pleurs du bébé résonnaient encore dans sa tête. Etrangement, elle se rendit compte que ce n’était pas eux qui l’avait sortie du sommeil, mais un bruit très commun de Sufokia, le simple écho d’une éclaboussure. Elle remercia silencieusement le poisson ou l’homme qui venait de la tirer de son cauchemar. Cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait plus visitée, de quoi être troublée…

Tremblante, elle étouffait dans la chaleur moite de l’été. Ses sens lui revenaient petit à petit, et elle sentit une curieuse douleur dans sa main gauche. Elle la leva devant son visage, dans le rayon de Lune dispensé par la fenêtre. Son étonnement grandit quand elle aperçut deux gouttes de sang perler de ses doigts, sorties de minuscules trous dans la pulpe tendre. Qu’est ce qui avait bien pu causer cette blessure ? Elle décida d’aller se passer de l’eau sur la visage, pour dissiper le malaise qui l’habitait encore. Elle s’extirpa du lit, et tressailli de nouveau. Elle venait de mettre le pied sur quelque chose de pointu… Elle se pencha, et ramassa la rose qui gisait dans les plis des draps, quelque peu malmenée par sa récente rencontre avec la paume de son pied. Ses yeux s’écarquillèrent, et elle resta le souffle bloqué, pantelante, ses pensées figées momentanément par la beauté de la fleur, et le lot de souvenirs qu’elle colportait avec elle. Elle revit la douceur des matins à Bonta, les caresses des draps du grand lit contre sa peau, ou la rugosité des fibres du tapis dans les nuits de folie. Et surtout, la silhouette féminine qui accompagnait chaque moment, la natte blonde, le sourire sincère, les yeux bleus angéliques. Une larme perla sur sa joue. D’une voix rauque, Jiyaa gémit misérablement : « Cara… »

Et puis, la signification du message explosa dans son esprit : ce symbole, cette fleur, c’était ce que la iopette lui laissait toujours au matin, quand elle s’éveillait avant elle et partait chasser, ou fabriquer quelques capes ou chapeaux pour les habitants de la cité blanche. L’émotion rugit en elle, la laissant sans voix, sans souffle, pétrifiée à l’idée qu’enfin, peut être, sa femme était de retour, vraiment de retour. Elle se força à respirer calmement, à apaiser les battements fous de son cœur, à ne pas se laisser dominer par la passion.

Bien sur, cela faisait plusieurs mois que la célèbre tailleuse arpentait de nouveau les rues de Bonta, mais elle n’était plus que l’ombre d’elle-même… Elle était partie si longtemps, et Jiyaa aussi s’étant tenue éloignée d’Amakna après leur dispute, qu’elle avait cru ne jamais la revoir. Il aurait peut être mieux valu… La croiser chaque jour dans l’état où elle était lui faisait bien plus de mal que de bien. Cara ne se souvenait plus de rien, et n’était plus la même. Pendant des mois, dès son retour, Jiyaa avait tenté de la ramener à elle-même, mais sans succès. Elle avait fini par se résoudre à l’idée d’avoir perdu son amante, mais n’avait jamais complètement tué l’espoir, comme à chaque drame de sa vie…

Et cette nuit, la iopette était venue. La rose, témoin silencieux et formellement innocent de cette réalité. Jiyaa la contempla à nouveau, et remarqua, au-delà de sa beauté, qu’elle était encore fraîche. Sa visiteuse était passée il ya peu de temps… Sans attendre, elle se précipita vers la fenêtre, et se prenant les pieds dans son pagne, l’enfila en vitesse. A demie nue, elle se coula le long du mur de la maison des Filles, et prit pied sur le plancher des quais de Sufokia. Comme toujours, l’air était saturé de l’odeur de la mer qu’elle avait appris à aimer. Elle regarda tout autour d’elle, et aperçut une silhouette, de dos, assise sur le ponton. Elle vit immédiatement que ce n’était pas la iopette, à la carrure trop large, la taille trop épaisse, le contour de la mâchoire indubitablement masculin. Pourtant, dans la pénombre, l’ombre lui semblait familière. Les deux oreilles pointues lui firent enfin reconnaître Sam. Tiens, curieux qu’il soit là…

Elle hésitait sur la marche à suivre. L’envie la brulait de partir dès maintenant à la recherche de la iopette, de rattraper le temps perdu, et de passer sans se faire remarquer de son ami le chat. D’un autre coté, s’il était là depuis longtemps, il pouvait très bien avoir vu passer l’ombre rouge de Cara, et l’orienter… Après tout, si la iopette s’était enfin manifestée, elle n’allait pas disparaître d’un coup.

Décidée, elle s’approcha sans bruit dans le dos du matou, et posa doucement sa main sur son épaule, la remontant dans un doux massage jusqu’à la nuque en le contournant. Il ne bougea pas un poil, comme s’il l’avait repérée depuis longtemps. Elle s’assit contre lui, le sourire aux lèvres, et comme toujours, resta un moment sans voix sous le regard noir dans lequel se reflétait les eaux de Sufokia. Elle prit doucement le temps de le serrer contre elle et de presser sa tête contre son torse, de passer ses bras autour de lui, dans un salut tendre et muet. Ce ne fut qu’alors, les poils de Sam lui chatouillant la poitrine, qu’elle se rappela qu’elle n’avait pris que le temps de mettre son pagne, et qu’elle était nue contre les muscles tendus de son ami. Rougissante, elle se détacha de lui, la lune reflétant sa lumière argentée le long de la cicatrice qui serpentait sur son ventre, et chercha à cacher sa nudité, quand elle aperçut, au creux de son poignet, là ou les poils étaient si fins et si doux, une égratignure pourpre, et de chaque coté, deux petits trous, semblables à ceux qu’elle avait sur la main.

Dans un éclair de compréhension, elle dévisagea Sam, qui la regardait toujours dans les yeux, en parfait gentleman, et resta figée. Bien sûr… C’était lui qui avait apporté la rose, lui qui était venu dans son sommeil, lui et ses habitudes de charmeur, qui avait fait son romantique coquin… La déception embrouilla son regard de larmes, et elle se maudit de s’être si facilement laissée aller à ses rêves d’amour blond.

Evidemment, elle ne pouvait pas lui en vouloir, il ignorait tout de cette habitude entre les deux femmes… Elle laissa échapper un long soupir, et s’effondra à nouveau dans les bras du chat. Elle enfouit sa tristesse dans sa chaleur, son odeur, son contact. Tant de choses familières, dont elle ne connaissait pourtant qu’une bribe. Non, elle ne pouvait pas lui en vouloir...
Elle sentit ses doigts à lui dans ses cheveux à elle, qui s’emmêlaient dans les boucles violettes, les défaisant une à une délicatement, de ses griffes. Elle frissonna de plaisir, et s’abandonna à la caresse, se nourrissant de la tendresse qu’il lui offrait innocemment, de ce moment irréel au beau milieu de la nuit et des quais. La détresse qu’elle avait ressenti commençait à se dissiper, et elle se sermonna de sa naïveté. Cara n’était plus vraiment là, elle devait l’accepter pour de bon. Elle eût brusquement envie de partir, de s’évader de la ville, de retourner dans ses arbres, mais pas à sa solitude. De fuir, encore, ses souvenirs, et d’emmener son ami avec elle, de lui faire découvrir toutes les merveilles dont elle s’abreuvait, loin des villes.

Elle leva les yeux vers lui, et le regard qu’elle croisa lui coupa le souffle, pour la troisième fois en l’espace de quelques minutes. Cette flamme là, elle ne la connaissait pas… Son rythme cardiaque s’affola encore, et une nouvelle vague d’émotion la renversa. Ce bras dans son dos la brulait, sa cuisse contre la sienne n’appelait qu’aux morsures, et elle resta sonnée par l’explosion sensitive qui venait de se produire. Bien sur, ils jouaient, bien sur, il lui arrivait, quand il restait proche trop longtemps, quand il tenait sa langue entre ses dents, qu’il la taquinait, de le désirer, mais ce n’était qu’un jeu… Elle oublia tout, emprisonnée par le désir qui montait, et tenta vaguement de se dérober à la folie des sens, de stopper la progression de ce regard en elle, de reprendre le contrôle, et de noyer cette passion, qui l’habitait en permanence et qui avait toujours causé les pires ennuis quand elle se libérait sans guide. Et pourtant, les yeux rivés dans les siens, elle se sentit se rapprocher encore, si près qu’elle sentait la chaleur de son corps se dégager dans l’air nocturne. Enfin, elle posa les lèvres sur celles de Sam, n’ayant tous les deux toujours prononcé aucune parole, et lui transmis le feu qu’il avait lui-même allumé. Elle ferma les yeux de soulagement, le toucher velouté de sa bouche satisfaisant une seconde son envie de le parcourir. Mais cette caresse attisa encore sa faim de lui, et elle envoya doucement sa langue en exploration, titiller les crocs pointus et goûter sa langue à lui. Le contact la surprit, peu habituée aux aspérités caractéristiques de ces matous là… Elle s’abreuva de ces sensations, passant ses mains derrière la nuque de Sam, une main crispée dans les poils de l’arrière de sa tête, ivre d’envie de l’explorer encore, de sentir le baiser au plus profond d’elle-même, de découvrir le toucher de ses mains contre sa poitrine, de serrer son corps contre sa peau nue, de se laisser dévorer et consumer par ses désirs d’homme. Ivre d’envie qu’il soit en elle, sous le regard ivoire de la Lune…

Il n’avait fallu qu’une rose.
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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: Naissance   Lun 17 Aoû - 21:54

Ses pensées avaient fini par dériver jusqu'à ce geste qu'il venait de faire, sur les conséquences qu'il aurait pour lui. Rien de bien grave, elle se dirait juste qu'il fallait des tendances psychopathes pour s'introduire comme un voleur dans la chambre d'une jeune femme en pleine nuit puis en repartir mine de rien.

Quelque part c'était mieux comme ça, au moins cette attirance qu'il ressentait pour elle ne ferait de mal à personne, elle le ferait passer un peu plus pour un couillon que d'habitude.

Et puis... De quel droit il avait fait ça? L'odeur de Felyna était encore prononcée dans la maison, et même s'il doutait qu'il persiste quoi que ce soit entre eux au vu de son absence aussi interminable qu'imprévue, il voulait en avoir le coeur net, il voulait savoir si ces deux grands yeux verts auraient le même effet sur le nouveau Sam que sur l'ancien.

Mais, malgré tout, c'est Jiyaa qui était là à son retour, c'est elle qui l'avait accueilli à bras ouverts, c'est elle qui lui avait fait comprendre à quel point c'est bon d'être vivant contre une femme.

Son regard se porta accidentellement sur le palais de Sufokia et un souvenir enfoui au fin fond de son esprit le frappa de plein fouet. C'était la première fois qu'il venait dans ce batiment, bien avant qu'il soit acheté par les FDLL. Il y était venu en poursuivant un brakmarien qu'il devait exécuter. Il les avait surpris, lui et elle, en pleine étreinte sur la table de la cuisine. Il revoyait leurs deux corps nus gisant dans une mare de sang, il s'était d'ailleurs toujours demandé si la pièce avait été nettoyée avant la vente du palais, vu qu'il était abandonné à l'époque.

Le parfum de Jiyaa le tira de ses rêveries aussi vite qu'il fît fondre ses doutes, ce n'était pas de l'attirance qu'il ressentait pour elle, ce n'était pas ça que lui inspirait son sourire, son espièglerie, sa gentillesse, sa douceur, son caractère bien trempé, non c'était plus que ça. Il la sentait approcher, il aurait reconnu cette odeur entre mille et il tentait désespéremment de garder la tête froide quand une main se posa sur son épaule.

Elle s'était collée à lui et il ne s'expliquait pas ce qu'elle faisait nue en pleine rue contre lui, tout fût bien plus net quand il la vît sursauter puis arborer une mine déçue en apercevant la griffure dont la rose avait gratifié son poignet.

Elle ne savait pas pour la rose. Tout du moins elle était venue sans savoir que c'était lui. Et ça la blessait, ses yeux étaient humides, vitreux, quelque chose venait de briser en elle et il en entendait les échos jusqu'au fond de sa propre âme, il lui avait visiblement fait mal par son geste et, sans connaitre ses torts, il accompagna son étreinte lorsqu'elle retomba contre lui.

Il avait fait malgré lui ce qu'il croyait ne plus jamais faire, blesser une femme qu'il aimait. Quelle que soit son erreur, il feignait de ne pas se rendre compte de la douce chaleur qui montait en lui à son contact, il la couvrait de tendresse pour tenter d'éponger son chagrin.

Il sentait la situation déraper, elle se faisait de plus en plus sensuelle, et déjà le contact de son corps dénudé faisait naitre une douleur aussi lancinante que grisante juste au-dessus de sa taille.

Elle l'embrassait désormais, ses mains mettant le feu à sa nuque et il n'avait plus qu'une envie, prendre possession d'elle, l'aimer à même le sol de bois du ponton, s'oublier en elle, encore et encore.

Ce bon vieux Sam l'aurait fait en tout cas, il n'aurait pas hésité une seconde devant l'aubaine, il l'aurait aimé et aurait gagné du temps jusqu'a ce que sa main ait eu le temps de se refermer sur son coeur tout entier. Et là il n'aurait plus eu qu'à la refermer pour le lui réduire en miettes, il aurait profité de sa détresse évidente pour la détruire encore plus. L'occasion étant d'autant plus belle qu'en s'y prenant bien il aurait pu détruire Felyna en même temps, la belle affaire.

L'insolente espièglerie de sa langue avait réussi à embraser tout son être, il laissait maintenant aller fiévreusement ses pattes sur le corps de la belle, en couvrant chaque relief avec une tendre fougue.

L'abîme dans lequel il se sentait tomber était tellement agréable, c'était comme la promesse d'incomparables délices pour chacun de ses sens. Une de ses pattes, ayant effrontément échappé à sa vigilance parcourait maintenant l'intérieur d'une de ses cuisses, ses dents crevaient d'envie de plonger amoureusement dans la peau de son cou et malgré tout, une partie de son esprit lui chuchotait qu'il risquait de la blesser encore plus.

Son âme cherchait de quel côté basculer.
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 0:47

Jiyaa s'allongea contre Sam, heureuse de le sentir répondre à la brûlure qui la dévorait, impatiente de s'abandonner totalement à lui.

Peu lui importait, désormais, leur amitié, les tendres moments qu'ils avaient partagé, le fait qu'elle ait appris à le connaître, et à enfin comprendre l'attachement que Ches lui portait, elle qui le faisait passer pour le derniers des coureurs... Non, il y avait bien un coeur sous cet amas ravissant de poils roux, et elle se souvenait vaguement des jours précédents, où la joie de se découvrir un ami sincère lui avait réchauffé le coeur.

Elle ignorait si une femme l'attendait, mais elle était là, elle. Elle ignorait s'il lui répondait simplement par désir, ou si des sentiments plus profonds l'agitaient. Elle savait désormais que s'il avait connu de nombreux corps de femmes, il ne les en avaient pas moins aimées.

La rose... Fourberie de séducteur ou déclaration véritable ? Elle n'en savait rien, et pour l'instant, elle s'en fichait éperdument. Peu importait ses sentiments à elle, l'idée qu'elle pouvait en souffrir, l'expérience qu'elle avait de l'amour, de ses propres réactions, n'avaient plus aucun poids pour la sacrieuse.

Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas été avec un homme... On ne pouvait pas vraiment dire que le mariage avec Ulqui avait été consommé, et les chaudes caresses de Cara n'étaient plus que des souvenirs amers...

Jiyaa était perdue dans un tourbillon de sensations grisantes, inconsciente de l'air salé du quai, de la dureté du bois contre son flanc, des fenêtres alentours : elle voulait l'aimer, et elle pouvait sentir les doigts du chat contre ses cuisses qui abondaient dans son sens.

La passion l'emportait, et elle laissa sa langue et ses dents gouter le corps de Sam, mordillant et titillant, étudiant ses réactions. Ses mains glissèrent le long du corps de Sam, enserrant les muscles, dans un massage langoureux, et cherchèrent enfin à défaire la boucle de son pantalon. Il venait de saisir un de ses seins dans sa bouche, et tremblante, elle ne put retenir un gémissement de plaisir, incapable de se concentrer sur son objectif. Enfin, les liens obstinés se défirent sous ses doigts, et Jiyaa s'appretait à répondre à l'envie pressante de l'éca qu'elle pouvait caresser, quand un grand "BOOM" la fit sursauter de surprise. Un iop venait de bondir à coté d'eux !

La sacrieuse ne perdit pas de temps à se demander ce qu'il faisait là à cette heure, les grandes ailes blanches qu'elle apercevait suffisaient à lui répondre. Même à moitié nue, ses dagues ne la quittaient pas, et elle les sortit rapidement, se tenant prête à répondre à la moindre trace d'hostilité. A ses côtés se dressa Sam, plus ou moins rhabillé, qui poussa un feulement de mauvaise augure. Le iop hésita, de toute évidence, il aurait eu du mal à comprendre une inscription bwork. Dans son regard dégoulinant de stupidité, on pouvait très clairement lire l'envie de cogner sur tout ce qui se trouvait devant lui, mais une once primaire de prudence lui conseillait d'éviter de se frotter à deux adversaires en même temps. La sacrieuse fit un pas en avant, se préparant à attirer l'ennemi pour le finir le plus vite possible. Une précaution inutile, puisque les quais étaient à nouveau déserts et totalement silencieux.

Jiyaa, toute à la rage de combattre, se retrouva un peu bête. A défaut, elle se tourna vers l'écaflip qui la flanquait et lança son sort, ce qui l'obligea à se retrouver encore une fois, serré dans ses bras. Une situation qui ne semblait pas lui déplaire...

La sacrieuse verte éclata de rire, pétillante de joie et de vie. Elle n'était plus soumise au désir dévorant qui lui avait fait perdre la tête quelques minutes plus tot.

Non, maintenant c'était de pleine volonté et totalement lucide qu'elle désirait le chat qui l'étreignait tendrement.
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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 10:34

Attiré de force contre son amante à sa grande satisfaction, il la saisit au niveau de cuisses pour la porter, la laissant s'aggriper à son cou. Il avait connu la fougue des sacrieuses, il avait connu la sensualité surnaturelle des sadidettes, mais l'alliance des deux... C'était infiniment plus que ce à quoi il aurait pu résister.

Par contre, l'idée d'être surpris et interrompu à nouveau ne l'enchantait pas des masses, bien que le ponton eût été un écrin particulièrement intéressant pour une étreinte fougueuse, presque sauvage et, pour tout avouer, il se sentait d'humeur particulièrement joueuse. Le compromis était déjà tout trouvé dans son esprit.

Pour la première fois depuis des années qu'il fréquentait les repaires successifs des FDLL, il n'avait plus envie de penser aux règles, portant toujours sa tornade à lui, il ouvrit la porte du repaire d'un grand coup d'épaule qui envoya celle-ci rebondir contre la grande armoire située juste à côté, le vacarme aurait réveillé même un sadida porté sur les plaisirs solitaires après plusieurs semaines de beuverie. Pas démonté pour autant, il posa la sacrieuse sur la grande table de l'entrée le temps d'arracher son débardeur en un "craaaaac" magistral puis d'envoyer celui-ci voltiger dans l'obscurité de l'immense pièce, le bout de tissu en charpie ne semblait pas être retombé, il devait pendouiller accroché au lustre.

Essayant de tisser ensemble les rares lambeaux de volonté qui le retenaient de faire de la grande table le support de leur exutoire commun, il s'aggripa de nouveau à elle pour se remettre en route, embarquant au passage la nappe et les quelques poteries, corbeilles de fruits et autres ustensiles au bris particulièrement bruyant qui trainaient dessus. Ils montèrent ainsi la volée de marches, tandis qu'il tentait d'oublier que la sacrieuse s'amusait à utiliser avec science sa bouche et les contacts de son corps à elle pour le déconcentrer dans sa tâche.

Il fît une nouvelle pause, en profitant pour exorciser une partie de l'incendie qui avait pris possession de ses entrailles d'un baiser qui se voulait une promesse de torrides tortures, la plaquant dos au mur avec sauvagerie, ce qui eût pour effet de faire trembler celui-ci. Il entendit le petit "swoosh swoosh bim" d'un cadre qui venait de se décrocher de l'autre côté du mur au terme d'une oscillation et un coup d'oeil au nom sur la porte lui arracha un sourire "Minuit". Son esprit dévoré par la fièvre riait intérieurement en imaginant la tête que celle-ci ferait en rentrant de voyage, pour le moment, il terminait sa route et se trouvait devant la porte convoitée, celle de la chambre de Jiyaa. Il abandonna devant celle-ci le pantalon qui avait entravé ses chevilles depuis que la mutine était arrivée à bout de sa ceinture puis il s'engouffra dans la chambre ouverte avec sa belle, l'abandonnant seule sur le tapis uniquement le temps de fermer la porte à double tour.

La nuit promettait d'être longue, sauvage, mouvementée et bruyante, débarassé de tout doute sur le sujet, il se laissa sombrer avec elle dans un océan de volupté.


[Ils vécurent heureux au moins pour cette nuit et eûrent beaucoup de brûlures dans le dos à cause de cette saloperie de tapis. Enfin, si les FDLL présentes préfèrent dormir en se cachant la tête avec leur oreiller plutôt que de venir taper à la porte pour réclamer la fin du bordel :p]
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 13:40

(HRP: MDR. Ca fait 10 minutes que je suis morte de rire. Les filles, vous êtes OBLIGEES de répondre !)
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Iopochocolat
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 15:23

"VLAMB !"

Alors que Iopo était paisiblement en train de déchiffrer : Des us et coutumes des tribus Iop du Nord, elle entendit la porte du repaire s'ouvrir à la volée. Une personne, voire un bûcheron saoûl, voire même quelque chose de pire que ça, venait d'entrer de façon peu discrète dans la demeure des Filles de la Lune.

Iopo posa son livre, prit son épée et se leva pour aller administrer une bonne correction à l'inopportun.


"CRAC !"

Alors qu'elle descendait discrètement l'escalier, un bruit de déchirure la fit sursauter et louper la marche. La Iopette dévala entièrement l'escalier, et reçut un bout de tissu en charpie sur la tête à son arrivée.
Perdant son sang froid pourtant légendaire, Iopo débarqua dans la pièce en pestant contre l'ABRUTI qui débarquait dans le repaire à CETTE HEURE en ayant le mépris le plus COMPLET des Filles de la Lune, et de leur indépendance, et de leurs règles de conduites, etc, etc.
Ses récriminations, pourtant proférées sur un ton de voix assez élevé, ne trouvèrent pas d'oreille. Et pour cause. Un truc poilu, entre le jaune et l'orange, était en train de s'envoyer bruyamment en l'air avec Jiyaa. Iopo ne mit pas longtemps à reconnaître Sam.
Alors que le couple se dirigeait vers la chambre de Jiyaa, sans pour autant stopper leurs activités, Iopo, stupéfaite devant le culot de Sam, resta les bras ballants.
La porte se referma bien vite. La Iopette eut beau taper de toute ses forces sur la poignée, avec son épée, sans son épée, avec sa baguette (on sait jamais), impossible de l'ouvrir pour aller pousser une autre gueulante. De dépit, Iopo lança un dernier grand coup de latte dans la porte, pour bien signifier sa présence, et retourna se coucher.

_________________

Iopo, filleule de Liete pour toujours, marraine de Younnie, de Yoli, de Lorelai, d'Eifircas, de Laioplesse, de Minuit, ainsi que du Scarafeuille répondant au doux nom d'Aqualia, pour le meilleur, mais sans le pire !
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Sam-le-terrible
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 16:11

Pas de vent pour venir tourbillonner dans sa fourrure aujourd'hui, rien que l'écrasante chaleur du soleil estival. Une chaleur si nourissante, si apaisante, si rassurante.

Il ressentait quelque chose de dérangeant au niveau de ses omoplates et il n'avait pas besoin de trouver un miroir pour découvrir l'origine de la gène, il lui suffisait pour ça de poser son regard sur les multiples griffures et traces de morsures qui lardaient son torse et ses cuisses. Enfin bon, il s'était pas livré sans se défendre maintenant qu'il songeait aux profondes stries rouges qu'il avait aperçues sur les fesses de Jiyaa en se levant. En tout cas, une fois privée de la transe qui les avait pris tous les deux cette nuit, elle risquait d'avoir une surprise amusante au réveil.

Il s'autorisa un sourire attendri à cette pensée.

Du rebord de la fenêtre sur lequel il était assis en tailleur, il apercevait la cité de Sufokia dans son ensemble, certes elle n'avait jamais souffert de la surpopulation, mais là elle semblait déserte, un peu comme une ville fantôme. C'est l'impression que lui avait laissé le pays depuis son retour, tout semblait mort, vide. C'était comme s'ils étaient les deux seuls êtres en vie sur terre. Et après la nuit de douce folie qu'ils venaient de partager, il avait l'impression que suffisamment de vie coulait dans ses veines pour alimenter des générations entières d'une population amaknéenne fournie.

C'était étrange, il était tellement épuisé, ses muscles étaient tellement endoloris, tendus jusqu'à la rupture et perclus de courbatures qu'il aurait logiquement du se sentir à l'agonie et pourtant il se sentait tout crépitant d'énergie, cette fatigue là était revigorante.

Il se retourna furtivement vers la sacrieuse endormie, elle lui plaisait toujours autant, ça ne faisait pas de doute, et la lumière du soleil dessinait sur ses formes des jeux d'ombres qui appelaient ses mains à l'étreindre, à la caresser, à avoir l'impression de ne faire qu'un avec elle.
Son regard se porta sur sa chevelure qui semblait se gorger de la luminosité ambiante et son deuxième sourire de la journée lui fût inspiré par le foulard de soie qui pendouillait à la tête du lit, témoin d'un de leurs innombrables jeux de la nuit passée.

Il se demandait s'ils étaient réellement seuls dans l'immense maison, il lui avait semblé à plusieurs reprises entendre des coups sourds, mais c'était peut-être juste le martellement de la commode contre le mur, ou bien celui de la tête de lit. Ah, maintenant qu'il y repensait il y avait aussi eu l'armoire. Peu importe, pour le moment ses pensées étaient monopolisées par le gargouillis de son estomac qui lui avait rarement semblé aussi vide et la pensée qui le décida à se laisser glisser du rebord de la fenêtre vers l'intérieur de la chambre fût le fait que la même dalle inhumaine accueillerait la belle au réveil. Et ce qu'il avait de mieux à faire pour prendre soin d'elle c'était de trouver à manger dans ce manoir où il avait le vague souvenir d'avoir foutu un bordel monstre la nuit passée. D'ailleurs en y réfléchissant plus attentivemment, il se dit qu'il aurait aussi un gros brin de rangement à faire une fois qu'il aurait résolu le problème de l'estomac de sa partenaire.

Il s'approcha du mirroir pour s'arranger les poils des oreilles, habitude inutile vu qu'il ne croiserait personne dans la maison vide, de toute façon vu qu'il était uniquement vêtu de son pantalon qu'il s'était hasardé à récupérer dans le couloir au réveil, les éventuels regards seraient certainement plus attirés par les multiples meurtrissures qui se disputaient sa fourrure.

Il se retourna une dernière fois sur la délicieuse créature qui habitait de toute sa grâce les draps froissés, elle dormait à poings fermés et son visage rayonnait d'un sourire apaisé. Celui que cette vision lui avait donné, et qui était le troisième de sa journée naissante l'accompagnait toujours lorsqu'il franchit la porte en direction du couloir.

[HRP : Je me suis tapé une heure de bidonade en me repassant ta réponse dans la tête, Iopo, un grand merci x]]
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Jiyaa
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 17:50

Jiyaa s'agita dans son sommeil, cherchant inconsciemment le confortable oreiller que constituait le torse de Sam. Les draps froids contrarièrent sa recherche, et l'éveillèrent.

Elle ouvrit un oeil pâteux, à plat ventre sur le lit, et se retourna pour contempler le plafond blanc de sa chambre. Elle grimaça de douleur au contact de son fessier avec les draps. Elle pouffa au souvenir de la cause de ses blessures et se recroquevilla sur le côté en caressant doucement les entailles. Apaisée et heureuse, elle sourit en voyant les poils roux abandonnés dans ses draps, et sauta sur ses pieds, décidée à bien commencer la journée.
Un petit peu trop rapidement pour sa stabilité et ses muscles tétanisés, qui la forcèrent à se rappuyer sur le lit. Bon, ses jambes n'avaient visiblement pas assez dormi...

Précautionneusement, se raccrochant à tous les meubles de son chemin, qui commençaient à y être habitués, elle enfila ses vêtements et descendit à la recherche de son amant.

Elle le trouva en train de fouiller dans la réserve des Filles, la bouche pleine. Elle sourit tendrement et alla l'enlacer par derrière, lui murmurant en lui mordillant le cou : "Une petite faim ? ... Moi, je mangerais bien un matou roux..."

Mutine, la sacrieuse s'agenouilla devant Sam, et décida de gratifier son entrejambe d'un salut matinal.

(Iopo, iopo, iopo !)
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 21:29

[Comment j'sors le truc de l'impasse moi maintenant? é_è]

Il l'avait sentie arriver dans son dos, et la voyant se baisser, il la saisit par le bras et la remonte à son niveau pour l'embrasser à pleine bouche avec un sourire espiègle, il avait mis la main sur une partie de la réserve de fraises de Maymay Iopo. Il lui donna un baiser fougueux et sucré avant de lancer :

-"Faut que j'aille me laver"

Puis il détacha délicatement Jiyaa en saisissant ses poignets et se dirigea vers la salle de bain


Dernière édition par Sam-le-terrible le Mar 18 Aoû - 22:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Naissance   Mar 18 Aoû - 21:44

Mel était en train de prendre une douche brulante, en prenant toute l'eau chaude comme d'habitude quand elle vit arriver un chat jaune dans la pièce. Se jetant sur une serviette laissée par là, elle se releva et tenta de prendre un air décontracté.

- Heu... Salut Sam. Qu'est-ce que tu fous là ?

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MessageSujet: Re: Naissance   Mer 19 Aoû - 20:54

Sam-le-terrible a écrit:
[Comment j'sors le truc de l'impasse moi maintenant? é_è]

(j'suis obligée de relever cette magnifique mais MAGNIFIQUE remarque HRP qui s'inscrit si bien dans la continuité du rp de Ji.

Et j'me marre)

Discrètement, très discrètement assise sur le toit de la maison, à une place qu'occupait souvent l'homme qu'elle n'aurait jamais du quitter, Ches se marrait. Elle venait souvent là, sans être remarquée, écouter de son ouïe encore fine les bruits de la maison... et elle avait reconnu des bruits bien connus, sortis de son passé, se mêler à la voix de Ji.
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