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 [BayJay] Mara, la rebelle... ?

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Leronaï (Mara)
Roublarde
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MessageSujet: [BayJay] Mara, la rebelle... ?   Ven 25 Juil - 6:02

[Edit : Je modifierai peut-être cette histoire parce que j'en suis pas vraiment satisfaite]

La naissance


" Enceinte ? Vraiment ? Mais comment...
- Ah comment ! En voilà une question ! Si on surveillait un peu ses fréquentations...
- Mais il l'a forcée... Elle ne veut pas...
- Je me fiche de ce qu'elle veut. Qu'on les marie, et que personne n'en sache jamais rien !"

L'honneur est une chose capitale dans le clan mercenaire de Tychoa. Il faut dire qu'il est composé de fiers guerriers, et le seul moyen de rester à la tête de fiers guerriers, c'est d'être plus coriace que les autres. Ça passe aussi par l'honneur. Et en ce jour de Septange, l'homme de la famille ne voulait pas voir l'honneur de sa famille s'enfuir avec les jours chauds. Sa femme courba l'échine devant son expression hautaine et coléreuse, et alla trouver sa fille. Le père resta sourd aux pleurs, ce qui devait être fait serait fait.

Ainsi, une cérémonie fut organisée en toute hâte, mais l'impératif de discrétion rendit l'exercice hardu. Les membres du clan furent tous conviés, et l'on se réjouit de l'union du fils du chef avec la fille de son bras-droit. Le ventre de la petite n'était pas arrondi, et personne ne remarqua que son bébé naquit huit mois après la cérémonie au lieu de neuf. Elle fut menée à la sage-femme du clan, le corps plié de douleur, et les femmes s'activèrent pour rendre la naissance sans danger pour la jeune mère comme pour son enfant. Le travail fut douloureux, et terriblement long. Quand l'enfant naquit, elle fut portée à son père après sa toilette et l'on célébra sa venue au monde. La petite était en pleine santé, et elle n'était pas une bâtarde. Tout allait bien.

L'honneur de nommer le bébé revint à la mère, qui alors ne pensait qu'à la liberté qu'elle avait perdue huit mois plutôt... Elle murmura alors "Mara", qui signifiait "envolée".

L'apprentissage

" J'ai pas envie ! J'irai pas !
- Ne me défie pas !"

La gifle partit, clac ! C'était comme ça qu'on apprenait le respect aux jeunes. Mais le respect, à dix ans, la petite aux cheveux bleus ignoraient ce que c'était, et elle s'en fichait éperdument. Ce qu'elle voulait, c'était faire des farces à Laïon, espionner les grandes personnes pour découvrir des secrets, et jouer à cache-cache avec les enfants du clan. Sauf que les enfants du clan faisaient ce que leurs parents leurs disaient : ils suivaient leur apprentissage. Cela les rendait terriblement ennuyeux aux yeux de Mara, qui finit par faire ce qu'on lui demandait de faire.

Mais l'apprentissage, c'était pas une partie de rigolade. Le matin, on faisait des choses ennuyeuses, on devait rester là à écouter un vieux barbu parler d'honneur, de loyauté, d'être un véritable Tychoa... Ils n'avaient que ces mots à la bouche ! C'était ça être adulte ? Et l'après-midi, on s'entraînait à l'épée. C'était déjà plus intéressant, parce qu'elle pouvait montrer à Laïon qu'elle était plus forte que lui - et c'était très souvent le cas. Tout le monde disait qu'elle avait hérité de la dextérité de son père, ce qui était bien normal après tout, puisqu'il était le chef. Et le chef se devait d'avoir une fille exemplaire. Mais toute la fierté qu'il pouvait manifester à cet égard n'était pas du goût de Mara. Tout le monde lui faisait des courbettes quand elle passait, et elle avait remarqué qu'on ne la grondait pas comme on grondait les autres enfants quand ils faisaient une bêtise. Elle voyait bien que ses camarades n'étaient pas aussi bons qu'elle, mais eux, quand ils faisaient une bêtise, ses parents les aimaient toujours... Elle, quand elle se faisait battre à l'épée parce qu'elle regardait la drôle de forme d'un nuage, son père la punissait sévèrement et ne lui adressait pas la parole pendant une semaine. Et sa mère ne la regardait jamais...

Quand cela lui arriva une cinquième fois, la petite se confina dans sa chambre et s'allongea dans son lit. Elle se mit à réfléchir. Confusément, Mara comprit que jamais ses parents et elle ne formeraient une famille. Et qu'elle ne pourrait pas avoir de vrais amis parce que tout le monde se sentait obligé de tomber constamment d'accord avec elle sans rechigner. Pourtant, être elle devait être un honneur, et c'est ce que lui faisait poliment remarquer toute grande personne à qui elle posait des questions dérangeantes. Mais le vide qu'elle sentait dans son coeur ne se remplissait pas de paroles hypocrites... Elle se dit alors que si les relations qu'elle devait nouer ici devaient être toujours faussées, elle devait chercher ce qu'elle voulait ailleurs. La perspective de partir l'effraya, et elle se résolut à ne plus jamais y penser.

La vérité

Être un Tychoa implique une ligne de conduite. Franchir la ligne, comme devait l'apprendre Mara à l'aube de ses quatorze ans, est très dangereux...

Un jour, une grande dispute éclata sur la place du village. C'était au milieu de l'entraînement tactique. Les élèves disciplinés étaient silencieux, et les cris brisèrent la quiétude comme la lame qui tranche la chair. Les adolescents sursautèrent et toutes les têtes se tournèrent vers l'origine de la dispute. Comme le Maître lui-même se précipitait, les élèves le suivirent.

Jerha, un Tychoa sur le point de terminer sa formation, se tenait face à son père furieux. Ils hurlaient autant l'un que l'autre, de sorte qu'il était impossible de savoir ce qu'ils se disaient. Mais Mara le savait. Jerha devait être envoyé dans la dernière phase de son entraînement, qui constituait en un meurtre d'un quelconque ennemi du clan. On avait donné une description de cette ultime phase destinée à faire comprendre aux jeunes qu'il s'agissait de prouver qu'ils étaient courageux et dignes du clan. Mais Mara n'était pas dupe. Elle savait ce qu'il en était, et bien qu'elle ait renoncé à son plan d'évasion, elle avait toujours refusé cette fin.

Tuer un parfait inconnu qui ne lui avait rien fait ne devait pas non plus faire partie des intentions de Jerha, qui parlait de quitter le clan définitivement. Et quand ces mots furent lâchés, la tension se fit palpable parmis l'assistance. Tout le clan s'était rassemblé autour du père et du fils, mais personne n'avait fait un mouvement pour les séparer. Pourtant, quand tout le monde comprit l'envie de liberté de Jerha, plusieurs hommes avaient porté la main à son épée. Mara sentit son coeur s'arrêter. Jamais personne n'avait baffoué l'autorité de son père au point de vouloir partir, et elle ne savait pas ce qui se passait dans ces cas-là.

" Je partirai ! Aucun d'entre vous ne m'en empêchera ! J'en ai marre de ces bêtises !
- Tu as pris ta décision ?"

La voix du père de Mara retentit avec force, calmant d'un coup Jerha et son père. Imposant de muscles et de détermination, l'épée dégainée, il s'avançait vers eux en brisant la foule. Mara vit dans les yeux de son père une lueur qu'elle n'avait jamais vu dans les yeux de personne, c'était quelque chose de brûlant... Jerha soutint ce regard, la mine décidée, et opina du chef.

" J'ai pris ma décision. Je pars.
- Être un Tychoa, c'est pour la vie.
- Je m'en fous. Ça m'intéresse pas.
- La sanction pour l'abandon, c'est la mort."

Mara vit la stupéfaction, puis l'inquiétude, se peindre sur la visage de Jerha. Mais le Chef ne lui laissa pas le temps de se remettre de sa surprise. Mara pensa que le père de Jerha s'interposerait, mais celui-ci, au contraire, s'écarta de son fils avec une mine humble et l'échine courbée. L'épée du Chef scintilla à la lumière, Mara ferma les yeux. Elle s'efforça de ne pas hurler et se boucha les oreilles. Quand elle rouvrit les yeux, la lame de son père était rouge, et Jerha gisait à terre, inerte. Mais alors qu'elle s'attendait à ce que ce soit le chaos parmis les Tychoa, ce fut le silence. Quelques uns s'approchèrent et portèrent le corps de Jerha hors de la vue de Mara. Ses yeux agrandis par la terreur virent quelques instants plus tard s'élever une fumée épaisse, et jamais plus on ne parla de Jerha.

La décision

Mara avait presque dix-sept ans. Il manquait quelques jours avant que ne s'accomplisse ce qu'elle redoutait le plus. Les détails se réglaient à la vitesse de l'éclair sous ses yeux : on avait décidé de qui l'accompagnerait pour témoigner de la réussite de son épreuve, et on avait aussi décidé de la victime.

L'athmosphère n'avait jamais été si tendue chez elle. Elle s'était efforcée d'occulter le meurtre de sa mémoire, mais elle savait maintenant ce qui l'attendait si elle renonçait. Et chaque fois qu'elle croisait le regarde de son père, elle se demandait : est-ce que ce serait lui qui lèverait sa lame si elle échouait ? Elle voulait croire qu'il aurait pitié d'elle, mais c'était improbable. Jamais l'absence d'amour dans les yeux de son père ne lui avait semblé si évidente. Et jamais son projet ne l'avait assaillie avec tant de force : elle devait partir.

A la veille de son épreuve, elle s'y résolut. Le regard de son père se faisait pesant, comme s'il s'efforçait d'évaluer le courage de sa fille devant l'épreuve qui l'attendait... Elle ne pouvait plus attendre. Elle attendit que ses parents se fussent endormis, elle tira son baluchon de sous son lit et laissa son épée sur son lit : jamais elle ne voudrait plus la porter. Elle ouvrit la fenêtre et se reçut souplement sur le sol. Rapide et silencieuse, elle se glissa hors du village et commença à courir vers le Sud. La nuit venait de commencer, elle avait un peu de temps avant que l'on ne s'aperçoive de sa fuite.

Elle courut le plus longtemps possible, en sachant qu'elle serait morte avant le lever du jour si on la rattrapait. Mais son manque d'enthousiasme à l'entraînement d'endurance lui jouait des tours, et au milieu de la nuit, elle sentit la fatigue la submerger. Son village était loin, maintenant, et l'adrénaline retombait. Elle apercevait les lumières d'une cité Blanche dont elle ignorait jusqu'à l'existence, et ce fut la dernière chose dont elle fut consciente : elle s'effondra d'épuisement dans un fossé.

Une nouvelle vie

Ses premiers souvenirs consistaient en une lingette froide sur son front, et des draps doux. Puis une femme aux cheveux flamboyants. Elle lui souriait. Elle avait des cheveux attachés dans le dos en natte, et avait un sourire profondément gentil.

La femme s'appelait Mélora, et l'avait trouvée évanouie alors qu'elle cherchait de jeunes pousses d'orchidées freyesques. Elle l'avait alors soignée avec ses potions et elle lui proposa l'hospitalité jusqu'à ce qu'elle se sente mieux. D'une toute petite voix, Mara accepta. Melora lui enseigna alors l'art de l'Alchimie, et lui parla du monde des Douze. Mara ignorait à quel clan Melora appartenait, et se demandait sans cesse si elle n'allait pas la tuer pour avoir fuit le sien. Mais son ignorance de l'Amakna devint vite évidente, et Mara découvrit alors qu'elle pouvait suivre la voie qu'elle désirait, faire ce qu'elle voulait de son existence. Melora lui parla de sa Déesse, Féca, et à ses côtés Mara apprit les enseignements des Boucliers et du Bâton. Cela dura un an.

Mara s'aventura jusqu'en Astrub, et rencontra des gens qui semblaient vrais, des gens qui n'étaient pas retenus par les règles d'un clan conservateur. Mais jamais, jamais elle ne parla de ses origines.

Car elle vivait à présent dans la peur d'être trouvée par un Tychoa, et d'être traînée à son clan pour être exécutée. Elle se savait recherchée par celui dont elle avait bafoué l'autorité et l'honneur, et qui devait maintenant la tuer pour rétablir l'ordre. Elle se jura alors de ne jamais parler de son enfance à quiconque.

Elle paie le prix pour vivre sa vie.
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