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Naissance d’une rose.Septange 606Un cri déchira la quiétude du village de Peen-Ho. Un autre hurlement se fit entendre. Cette fois la plupart des habitants du bourg purent identifier la provenance de tout ce tumulte.
Tous s’approchèrent de la maison du chef du village. Un frêle homme, en sueur, en sorti à toutes trombes et se dirigea vers les bois.
Après dix minutes de recherches agitées, l’homme aperçut GothRe, l’arc à la main, et s’y approcha sans se soucier de se faire menacer par l’arme.
« Maître, Maître ! Venez vite… votre femme… votre femme accouche ! » balbutia t’il encore tout essoufflé.
Le chef du village, qui était venu dans la forêt pour chasser, lâcha tout son attirail et couru aussi vite qu’il le put jusqu’à sa demeure. Quelques minutes plus tard il arriva chez lui chassant ça et là la populace qui faisait grand bruit autour de lui afin de se frayer un chemin jusqu’à la porte.
Chose étrange à l’intérieur tout était calme. Sa femme avait arrêté de crier. A la place un petit couinement enfantin se faisait entendre. Malgré l’instant merveilleux pour le nouveau père, les visages des soigneurs étaient graves. Tout en arrachant le nourrisson des bras de la sage femme, pour admirer un bref instant sa fille, il interrogea du regard l’assemblée.
Puis il comprit. Tremblant, il s’approcha du lit de sa femme. Celle-ci était allongée sur le lit, les yeux clos, le visage serein et pâle. Sa femme n’avait pas survécu à l’accouchement.
Les médecins s’en allèrent sans mot dire, laissant le récent père pleurer son épouse.
Quelques dizaines de minutes plus tard, GothRe réussit à se reprendre, les larmes toujours aux yeux. Il contempla sa fille, qu’il tenait toujours dans ses bras, pour se réconforter. La petite riait toujours.
« Ma fille, tu t’appelleras GothAn… Et je ferais de toi la plus belle des femmes comme le fut ta mère. »
L’étreignant doucement à lui, il aperçut sur une fesse de l’enfant une tâche noire qui le surprit. De mémoire, il n’avait jamais eût dans sa famille ni dans celle de sa défunte femme un membre ayant une quelconque tâche sur la peau. Mais cela ne faisait rien. Elle était sa fille et lui donnerait tout l’amour qu’il pourrait.
Toutes les roses ne sont pas blanches.Apériel 620
Au fil des ans, GothAn était devenue une belle jeune fille. Pour fêter son quatorzième anniversaire, son père lui avait offert ses premières dagues pour qu’elle puisse partir à la chasse avec lui. Elle s’était montrée tellement insistante pour l’accompagner qu’il n’avait pu refuser.
Quotidiennement, elle s’occupait du jardin, entretenait les roses blanches qui passionnaient sa mère. GothAn aimait prendre soin de ces roses, ces seules choses qui la rapprochaient de celle qui l’avait mise au monde.
Elle semblait heureuse, même si elle restait distante avec les autres enfants du village. Tous avaient une mère sauf elle. Mais cela ne faisait rien, elle les trouvaient tous stupides, surtout son voisin Ginoh qui la rabaissait tout le temps devant les autres.
Mais tout bascula dans cette journée où tout les grands étaient partis dans les champs faucher les récoltes de l’année.
Alors qu’elle rentrait d’une chasse où elle avait capturé un tiwabbit grâce à ses pièges rudimentaires, elle retrouva son parterre de roses complètement labouré, détruit. De son seul lien avec sa mère, il ne restait rien. Folle de tristesse, elle repartit en direction de la forêt pour aller cacher sa peine, personne ne devait savoir qu’elle pleurait, elle aurait eût trop honte.
Mais elle ne trouva aucun réconfort dans ce sombre bois. Pire encore, un enfant au loin riait et chantonnait. Sans faire un bruit et en masquant sa présence comme le lui avait appris son père, elle s’approcha de lui sans se faire remarquer.
« Pooky, méchant chien, tu n’aurais pas du écraser les fleurs de notre voisine, ce n’est vraiment pas bien », entendit elle alors que l’autre s’esclaffait encore en répriment faussement son compagnon.
GothAn n’était plus triste mais enivrée de rage. Ce vaurien allait le payer et cher, très cher, se disait elle. Et la sentence ne fut pas longue à arriver. Elle connaissait le chemin qu’allait prendre son voisin pour revenir chez lui. C’était le même qu’elle prenait tous les jours. Se dépêchant à travers le bois, elle réussit à poser à temps un piège dont elle avait le secret sur le bord de la route.
Alors que les criminels revenaient, le chien fut attiré par l’odeur du sang que dégageait le tiwabbit qu’avait chassé GothAn. L’appât avait fonctionné à merveille. Sans se méfier le chien fut attiré vers le piège. Ginoh, qui n’avait pas pu suivre l’allure de son chien, entendit un terrible couinement. S’approchant, il vit la dépouille de son compagnon, meurtri par plusieurs piques en bois, le traversant de toutes parts.
Satisfaite de la mort de Pooky, GothAn se présenta devant son voisin.
« Oooh pauvre petit toutou ! Il s’est pris dans l’un de mes pièges… Si seulement son maître l’avait mieux tenu en laisse… » s’attrista t’elle, ironiquement.
Nullement dupé par la comédie de GothAn, Ginoh commença à hurler sur elle. Mais la jeune tueuse ne l’écoutait pas. Elle regardait le cadavre du chien. Mais quelque chose la perturba. Son ombre dansait autour d’elle et la félicitait. C’est alors que son voisin devint de plus en plus menaçant. Sans savoir pourquoi, GothAn avait l’impression que son ombre comprenait tout ce qu’il se passait et cette dernière n’était pas contente. GothAn continua à suivre les mouvements de son ombre qui se dirigea vers celle de Ginoh qui pleurait maintenant sur les restes de son chien. C’est alors que l’ombre tendit son bras vers le jeune homme, avec l’ombre des dagues de GothAn à la main.
Complètement hypnotisée par cette fantasmagorie, GothAn imita son ombre. Elle sortit de son étui les dagues que lui avait offert son père et dans le même moment, elle abattit son bras comme le faisait son projeté. Un liquide chaud gicla sur GothAn qui continuait de suivre les mouvements indiqués par son ombre. Sans un autre cri que ses pleurs Ginoh s’écroula sur le sol, sans vie. GothAn, les mains complètement tachées de sang, repartit chez elle, sans rien dire, le visage neutre, laissant les deux corps inanimés sur place.
Arrivée à la maison, elle monta au premier étage, dans sa chambre et s’avachit dans son fauteuil, tout en caressant la seule rose intacte qui restait sur le parterre.
Deux heures plus tard, son père rentra en trombes dans la maison en criant le nom de sa fille. Il entra dans la pièce de son enfant et la trouva, prostrée, encore. Il s’aperçut rapidement de l’état des mains de GothAn qui étaient rougies par un sang qui commençait à sécher. Dans celles-ci, tourbillonnait une rose rouge presque noire qui c’était abreuvé du liquide vital.
Et n’en croyant pas ses yeux, il comprit que le meurtre du petit Ginoh n’était pas le fait de quelques criminels notoires mais celui de sa fille. Il essaya de chasser cette idée en demandant à sa fille des explications mais elle restait muette, à regarder dans le vague une ombre qui dansait.
Tout à coup son père s’approcha d’elle pour exiger la provenance du sang sur ses mains. Sortie de sa torpeur, GothAn prit peur, non pas de son père mais parce qu’un étrange voile noir obscurcit sa vision, comme si ces yeux ne voulaient plus voir. Sentant quand même la présence de quelqu’un et dans un geste instinctif de survie, elle repoussa l’homme qui était devant lui.
Aussitôt sa vue se rétablit montrant une scène qu’elle aurait aimée ne pas voir. Son père traversa la porte fenêtre et le balcon avant de chuter. GothAn se releva et se dirigea elle aussi vers le balcon, apeurée cette fois. Comment avait elle réussit cela ? Son père pesait presque trois fois son poids. Elle ne pouvait pas avoir fait cela, une force étrange avait du l’aider. Et alors qu’elle fut arrêtée par la rambarde, elle vit son père gisant, mort sur une terre sèche. GothAn ne put retenir ses larmes ni la rose qu’elle tenait dans ses mains et qui vint s’écraser sur le corps inerte.
Une chaude sensation tirailla le ventre de GothAn à ce moment là. Elle écarta ses vêtements et vit une petite tâche noire s’agrandir de plus en plus.
La mort de Ginoh avait déjà bouleversé tout le village et lorsque le bruit net de l’impact de GothRe sur le sol se fit entendre, ce fit la terreur dans le village. Maculée de sang, GothAn ne pouvait cacher ses crimes et les habitants du bourg n’allaient pas tarder à comprendre et à venir s’emparer d’elle pour la châtier de la pire façon qu’il soit.
Refusant cette idée, elle prit la fuite par la porte arrière de la maison en étouffant ses larmes et s’enfonça dans la forêt alors que les villageois commençaient déjà à la poursuivre.
La traque avait duré toute la journée mais GothAn avait pu leur échapper. Elle comprit alors que plus jamais elle ne pouvait revenir chez elle. Seulement, il fallait qu’elle y retourne afin qu’elle puisse récupérer ses affaires avant de partir pour toujours ce de village.
Une fois la nuit déjà bien entamée, elle se faufila discrètement jusqu’à chez elle et prit tout ce qu’elle pouvait. En voulant sortir du village, elle surprit plusieurs conversations dans les maisons parlant d’elle et de sa famille. Elle écoutait attentivement, prenant soin de ne pas se faire repérer à chaque coin de rue. Ce jour était vraiment maudit pour GothAn, chaque villageois crachait sur elle et sur son père. « Tous des menteurs, des fourbes… » se disait elle.
Avant de partir définitivement, elle zona dans tout le village à poser quelques sombres traquenards.
Une fois son affaire finie, elle partit et atteignit le sommet d’une colline où elle pouvait contemplait tout le village.
« Si je ne peux pas être heureuse dans ce village, que personne ne le soit » proclama t’elle.
Et au même moment un immense brasier enflamma tous les chaumes des bâtisses. Au loin elle pouvait entendre les gens hurler de douleur et d’indignation. Et plus le village sombrait sous le feu et les villageois tués sous les pièges de GothAn posés ça et là, plus la jeune fille sentit son corps se consumer intérieurement. Les tâches noires ne faisaient que de se multiplier et grossir sur la surface de sa peau.
Puis elle disparut.
Aussi belles soient elles, les roses ont des épines.Octoillard 630Dix années s’étaient écoulées depuis son départ de Peen-Oh. Le corps de GothAn était pratiquement devenu entièrement noir. Elle avait accepté ce qu’elle était et y prenait du plaisir, beaucoup de plaisir. Son ombre était devenue une aide, une amie. Jeune, elle chassait les petits animaux pour pouvoir manger, adulte elle rançonnait les gens pour subsister.
Elle avait quitté la campagne pour les grandes villes où les petites ruelles sombres la nuit permettent de mieux trouver une proie.
Son père ne lui avait pas mentie. Elle était devenue une sublime femme et savait le montrer. Dans ses pièges, c’était elle l’appât désormais. Attirant les hommes libidineux grâce à ses charmes, le nuit dans l’ombre des maisons que projetaient les luminaires. Malheureux étaient ceux qui y succombaient car avant même qu’ils puissent jouir du corps dénudé de GothAn, leur ventre faisait rapidement connaissance avec la lame des dagues de la voleuse, s’écroulant ensuite morts sur les pavés humides.
GothAn voyageait de grandes villes en grandes villes en exerçant toujours ses mêmes talents. Après ces longues années elle commençait à se lasser. Jamais elle n’avait trouvé d’adversaires à sa taille. Au pire quelques milices dans certaines villes l’avaient pourchassée mais aucun être ne l’avait inquiétée réellement.
Mais alors qu’elle se trouvait dans une cité portuaire, en se promenant sur les quais, elle entendit deux marins parler d’une étrange province où de grands aventuriers recherchaient des œufs de dragons procurant une étrange force. Bientôt elle comprit que le navire sur lequel travaillaient les matelots allait partir tôt le lendemain matin pour faire cap vers ce pays, celui d’Amakna.
Le soir même, en se fondant dans les ombres, GothAn monta à bord du bâtiment et se cacha dans les cales.
Malheureusement après quelques jours de traversée, elle fut surprise en train de voler dans les réserves de nourriture par un membre d’équipage. Avant qu’il ne puisse la dénoncer, elle joua de ses charmes en lui promettant une jolie récompense s’il se taisait. Le marin ne dit mot au capitaine et le voyage fut sans surprise.
La nuit du jour de l’arrivée, elle débarqua sur le port et contempla la ville. Elle n’avait rien d’extraordinaire à première vue, elle semblait ressembler à toutes les autres villes qu’elle avait traversées.
Soudain derrière elle, un bruit se fit percevoir. Se retournant elle aperçut le matelot qui l’avait découverte dans les cales. Devinant ses attentions, elle se moqua de lui en le menaçant de le tuer s’il ne partait pas sur le champ. Malheureusement pour elle, le terrain ne jouait pas en sa faveur et le marin avait visiblement amené de la compagnie. Furieux de ne pouvoir être contenté, il ordonna à ses hommes de mains de tuer la voleuse. Pour la première fois de sa vie, GothAn eût toutes les peines du monde pour terrasser un adversaire. Malgré le net désavantage, le combat lui plaisait. Elle se sentait revivre même si cela lui allait lui être fatal.
Mais alors qu’un brigand allait lui assener un coup mortel, elle se vit entourer d’une aura protectrice et quelques instants après un grand félin noir bondit devant elle et tua sur le vif l’agresseur. Un autre homme, de blanc vêtu, apparut. C’était probablement lui qui avait lancé la protection. Et alors qu’elle regardait ses sauveurs, ces derniers trucidaient le reste des opposants avec une facilité déconcertante.
Quand tout fut fini, les deux hommes se présentèrent rapidement à GothAn. Le félin était un écaflip portant le nom d’Askhan et celui qui avait apparence humaine se nommait Xariel. GothAn voulut se présenter elle aussi mais elle n’eût pas le temps de le faire que ses bienfaiteurs prenaient déjà la fuite alors qu’une troupe d’hommes armés venaient à elle.
« Mademoiselle, n’auriez pas vu deux Daedriks dans les parages ? Nous pourchassons ces malfrats pour les punir. » déclara le capitaine de la milice.
GothAn les envoya rapidement vers une fausse piste.
De nouveau seule, elle repensa à ces deux hommes mystérieux. Elle devait les revoir ne serait ce que pour les remercier mais aussi pour savoir comment les gens de la même trempe qu’elle pouvaient survivre. Revoir surtout cet Askhan qui lui avait fait une forte impression que ne lui déplaisait pas. En tout cas, cette province lui plaisait, à peine arrivée qu’un monde excitant n’attendait qu’elle et son ombre.
[hrp] Cette partie du BG a été écrite par Fureur...[/hrp]
A suivre...
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If I were a painter
I would paint my reverie
If that's the only way for you to be with me...